De l’analyse des sujets du bac français S,ES 2015. Du travail de correcteur.

en ES,S

Je voulais vous faire une analyse des sujets de français de l’épreuve anticipée.

Vous trouverez les sujets dans les annales corrigées ou non de cette année. Vous pouvez choisir dans le courant de l’année l’un des sujets mais pas maintenant à la rentrée.  Ce serait maladroit. Que vous les regardiez pour vous : oui.  Choisissez pour l’instant des sujets que vous avez traités vous et dont vous avez les corrigés. Vous leurs ferez écrire des parties de devoir. Prenez le temps dans votre travail pédagogique c’est essentiel et parlez à vos collègues de leurs sujets et du genre littéraire qu’il vaut mieux traiter.

Si vous faites une classe de seconde, vous vous servez des textes (annales corrigées  ou pas de 1ère)  et vous adaptez au niveau de seconde qui sert d’apprentissage : prenez votre temps et prenez des sujets, des textes qui intéressent selon vous votre classe, adaptez-vous à vos élèves. Faites au début un devoir entier, puis reprenez avec soin la façon de faire l’introduction, de faire un plan et de rédiger une partie du développement en petits groupes ou chez eux. Vous expliquerez la conclusion un peu, puis à faire plus tard dans l’année scolaire.

 Qu’ils apprennent à rédiger. Donnez-leur des types de début de phrases quitte à ce qu’ils les retravaillent plus tard.  C’est aussi au moment où vous lisez et expliquez un texte que vous prenez un quart d’heure ou plus pour qu’ils expliquent même maladroitement par écrit ce qu’ils ont compris du texte à partir d’une question précise que vous leur posez. Rien n’est évident en seconde. Au début, passez par le sujet d’invention (proche de la rédaction) pour qu’il s’exerce mais proche de la dissertation qu’ils vont découvrir avec vous dès le deuxième trimestre je vous le conseille ou avant si votre lycée le fait avant.  On passe ainsi de la rédaction à la dissertation et  à donner un jugement sur un texte ou à décrire ou à expliquer. Vous pourrez nous faire partager votre méthode en pratique  à la suite de cet article. Je vous remercie. Que ce site devienne vraiment le vôtre spontanément.

Les sujets sont pour moi de bons textes , académiques, suivant le programme et il y a toujours un ou deux textes  contemporains auxquels le candidat doit s’adapter et est confronté . C’est cela un examen c’est s’adapter à toute situation en connaissant bien son programme. C’est une marque d’intelligence que l’on demande au candidat. Le tout est d’avoir bien appris à bien lire les textes, à les avoir  bien  analyser et quand on ne sait pas un mot à éviter de faire le contresens en ayant envisagé des solutions. Le français n’étant pas une science exacte,  il faut savoir raisonner avec subtilité et défiance. Il faut quand même remarquer la beauté d’un texte, son rythme, les sonorités, les beautés des images. C’était le cas ici.

Des sujets donnés chaque année, vous, professeurs de Lettres de ces niveaux vous pouvez en tirer un grand profit. Vous pourrez conserver certaines des listes.

Vous pouvez en conclure que vous avez bien préparé vos élèves ou noté que tel aspect du programme demande à être résolu l’an prochain. Ne vous inquiétez pas pour cette année, vous avez fait ce que vous pouviez si vous êtes débutant et il est normal d’attendre 2ou 3 ans pour connaître bien les côtés essentiels de votre métier. Vous les découvrirez même si je vous aide bien par mes astuces sur mon site astucesdeprof.com

Nous prenons connaissance tout le temps de nouveaux textes grâce aux divers oraux que nous faisons passer.

Nous écoutons nos collègues, nous partageons nos expériences, nous pouvons partager nos sujets. 

Nous sommes à l’écoute, nous devenons plus psychologues avec nos élèves qu’il faut distinguer dans le groupe classe.

Savoir apprécier un élève, tout élève. Il est très important de noter nos évolutions avec nos élèves : garder notre naturel, mettre une distance, leur montrer qu’on les soutient, et qu’on leur apporte les bases d’une pensée solide entourée de notions littéraires et de la curiosité qu’ils prendront tout au long de leur vie pour lire de bons livres, écrire avec plaisir, parler.

Les sujets cette année :

La Mort en ES, S et  Le Voyage en L.

L’année 2015 avait commencé cruellement avec la tuerie de Charlie et de l’épicerie casher de Vincennes. Se sont succédés d’autres événements aussi cruels : Tunisie le Musée du Bardo et  à Sousse récemment on a tué des touristes revenus en Tunisie. Le tourisme est arrêté par des actes de terreur.

De l’analyse des 3 textes :

On peut comprendre que ce thème ait été choisi quoiqu’il soit souvent présent dans la littérature. Vos élèves en ont entendu parler toute l’année. Ils n’ont pas été pris en traître mais comme je le mettais dans mes conseils de l’écrit il y a toujours une possibilité de ne pas savoir un mot ou une notion.

Ce fut le cas cette année : Le fleuve étant personnalisé par le Tigre, ils ont foncé tête baissée sur l’animal.

Que nos recherches après le devoir soient fructueuses à tous. Lisons des oeuvres des auteurs cités. Elargissons nos connaissances grâce à des sujets donnés avec soin par des professeurs chaque année et tirés au sort dans un premier temps. Que nous apprenions après l’épreuve. C’est cela de passer ou de subir une épreuve c’est d’en tirer les conclusions sur ce qu’on a bien assumé et sur ce qu’on a manqué. C’est ainsi qu’on grandit moralement et là que nous agrandissons notre culture qui peut se faire dans le présent de notre époque.

Le texte d’un contemporain L. Gaudé était très beau . Il faut le relire le texte extrait de son Alexandre le Grand drame écrit en 2000 est aussi passionnant et « classique » que celui de Racine, celui de Ionesco étant à part, très moderne toujours, toujours « éclaté ».

Ce texte de Gaudé comme les deux autres est passionnant. C’est là où je demandais aux élèves de créer et de pouvoir trouver des solutions  qui semblent pourtant si difficiles un jour d’examen. J’avais inscrit la possibilité de difficulté de résoudre ces difficultés de sens, de signification d’un passage de texte  dans mon site astucedeprof.com à la fin de la rédaction de la conclusion.

Il ne fallait pas que les élèves se bloquent à cette expression et j’espère qu’ils auront analysé le texte d’une façon quand même complète.

Le Texte de Racine : Phèdre est d’une grande puissance verbale par l’intermédiaire de la confidente Théramène . L’aspect sanglant de la mort d’Hippolyte était extraordinaire à l’époque même si la confidente ne disait pas tout. Il fallait être réservé dans la description. Il fallait rappeler l’exil d’Hippolyte par son père Thésée sur les instances de Phèdre son épouse aimant d’un amour non partagé son beau-fils.

Hippolyte meurt de n’avoir pas aimé Phèdre et Phèdre est la cause de cette mort sans explication dont nous avons la description alors que dans les autres textes nous avons un personnage confronté à la mort dans son agonie.

 Pourtant c’est un moment terrifiant : le monstre auquel nos élèves sont confrontés sans arrêt avec les séries à la Télévision ou au cinéma, il est là dans ce texte magnifique. . On va vers eux dans ces sujets mais ils n’apprécient que médiocrement. Ils sont très conventionnels nos élèves et n’aiment pas les innovations d’ailleurs ce n’en sont pas.

De la façon de se cultiver toute l’année pour réussir à l’examen : On leur demande d’être assez cultivés en mythologie depuis de nombreuses années car notre culture est faite de cette mythologie greco-latine et de cette inspiration chrétienne depuis des siècles. La connaissance des grandes religions monothéistes sera à étudier à partir de l’année à venir mais notre inspiration judéo-chrétienne est présente dans toute notre littérature classique et du 21 ème siècle. Il faut donc la faire connaître pour comprendre les plus beaux textes. Il faut donc suivre et connaître l’Histoire pour apprécier les textes de notre civilisation française. 

Connaissons notre propre religion, connaissons certes la religion d’autrui. Soyons laïcs et tolérants dans notre enseignement mais n’anéantissons pas notre Culture qui a été et est à la base de toutes les autres civilisations. Bientôt des pans entiers de notre civilisation chrétienne risquent d’être méconnus si on ne continue pas de les apprendre et à les étudier dans la jeunesse. Le Drame entre dans nos vies. Il n’est pas du passé. Il est du présent ce drame du terrorisme. Il s’insinue, perturbant les âmes et tuant des innocents, des civils sur leurs lieux de loisirs ou de travail,   cherchant à anéantir toute représentation  de la pensée  et de l’art en générale.

Allez sur le site mythologica.fr en ayant écrit « Phèdre » dans la recherche.

Un ravissant tableau d’Alexandre Cabanel vous surprendra.

La mort du héros (Hippolyte) mythologique , celle du roi (le roi Béranger, roi qui n’a jamais existé, crée  dans l’esprit de son auteur Ionesco), celle de l’Empereur le grand Alexandre  qui lui a été un grand conquérant,  cette mort dans les 3 textes est narrée de façon intense, dramatique, extraordinaire. Le style y est sublime.

La mythologie permet de grands sentiments, des situations extrêmes et le cinéma, ainsi que dans des feuilletons à la télévision que nos élèves voient beaucoup, la littérature se l’est octroyée dans les esprits de nos élèves habitués au fantastique, à l’horreur et à la violence.

Je pense que les professeurs qui choisissent les textes font preuve d’imagination et d’adaptation à l’époque de nos élèves : bandes dessinées, mangas, fantastique.

Le français s’adapte à notre siècle,  déjà le 21 ème siècle.

Racine était extraordinaire dans les récits fantastiques .
Souvenons- nous de la tirade en alexandrins naturellement à l’époque .

Le songe d’Athalie :

« C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit

Ma mère Jézabel devant moi s’est montrée

Comme au jour de sa mort pompeusement vêtue,

Ses malheurs n’avaient point abattu sa fierté

Même elle avait encore cet éclat emprunté

Dont elle eu soin de peindre et d’orner son visage

Pour réparer des ans l’irréparable outrage ».

 

Marguerite dans « le roi se meurt » d‘Ionesco décrit le roi  jusqu’à la fin dans son agonie, ne voyant plus. Elle l’empêche de se heurter à des êtres qu’il ne voit pas. Elle montre les lumières, les couleurs que le roi peut voir : sa vision diminuant.

Parmi ces grands hommes, lui, Alexandre se demande s’ils ont bien régné. S’ils ont fait leur devoir.

Celui de Ionesco n’est plus rien, Alexandre, lui, raisonne sur sa vie et philosophe dessus.

Dans   » Phèdre  » Hipollyte n’est plus qu’un pauvre corps déchiqueté.

De la correction des copies d’examen  : conseils. Toute copie est à revoir dans votre correction finale après avoir vu et revu toutes vos copies et égaliser vos notes depuis le début de votre travail jusqu’à la fin.  En effet, on ne note pas  pareillement  les élèves du début et  ceux que nous corrigeons plus tard : notez absolument vos jours de correction.  Revoyez aussi ceux que vous corrigez à la fin . Suivez les conseils reçus par votre jury. 

Vos copies que vous corrigez pourront profiter dans votre notation du style personnel de son candidat et des directives que vous avez reçues pour les notations. Ecrivez le barème sur un cahier et soumettez-vous y (on peut faire ôter 2 points mais pas plus pour un aspect de réponse)  et reprenez des éléments fixes pour établir votre note notée au crayon puis recopiée au stylo rouge qu’au dernier moment où vous êtes plus sûrs. Ne faites pas trop de corrections ça ne sert pas  (c’est une copie d’examen)  mettez des traits ou des appréciations au crayon puis à  la fin, gommez doucement et retracez au bic rouge ou feutre rouge fin l’appréciation : bien, très bien, vague, confus, etc  , soulignez l’orthographe.

Répartissez bien votre nombre de copies et rendez bien à l’heure ces copies.  Recopiez en vérifiant 3 fois les notes sur la liste numérotée : vous corrigez des copies de façon anonyme. Suivez les directives.  Comptez 2h à la fin  pour retracer (gommer les notes certains avis au crayon ) au rouge vos notes et appréciations. Préparez bien l’appréciation générale. Faites vous des types de phrases courtes qui correspondent à une appréciation générale  mais justifiant votre note. Vous aurez eu certainement à assister à  une commission pour les notes en fonction de certaines différences entre le bulletin de l’année de l’élève et des notes de l’examen.


Voir aussi…

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