La versification : méthode sur les stances du Cid de Rodrigue. Mémorisation.

Préalable important  à l’étude du Cid écrit en 1636. Il nous faut connaître l’histoire de l’Espagne pour comprendre la nôtre (près de 4 siècles après) .

Retrouvons une culture qui peut nous aider à vivre tous ensemble venant d’horizons et de religions diverses qui étaient mentionnées dans nos œuvres françaises et européennes depuis longtemps .

L’Espagne a été musulmane jusqu’au 14 ème siècle par moitié dans la moitié sud. C’est Isabelle la Catholique qui a fait répandre le catholicisme partout et unifier l’Espagne.  Voyez Cordoue avec sa mosquée et sa cathédrale à l’intérieur du même lieu.

la versification avec les stances du CidCet édifice est quand même parlant : il est répertorié à l’Unesco d’ailleurs et l’imbrication de la cathédrale dans la mosquée est quand même pleine de sens. On la nomme la mosquée cathédrale de Cordoue. Ayons cet édifice en tête et apprécions nous les uns les autres sans chercher à dominer. On voit en entrant les arcs arrondis d’un lieu qui est une ancienne mosquée .  Puis surprise, on continuera plus loin et l’on voit de l’art gothique… correspondant à la religion catholique qui est un lieu de culte. 

De même en Espagne, il faudra leur apprendre que les Juifs ont dû se convertir au catholicisme. Donc réfléchissons aux suprématies de certaines religions sur d’autres à des temps de l’histoire et sachons analyser historiquement ce qui se passe sous nos yeux au 21 ème siècle.

la mosquée cathédrale de Cordoue
La partie cathédrale à Cordoue

 

 

versification stances du Cid

 

imbrication de 2 arts religieux dans un même édifice à Cordoue

Imbrication de 2 arts religieux dans un même édifice à Cordoue

 

Depuis 10 ans ou 15 ans surtout et bien avant avec les passages à la décolonisation où l’apport des peuples venant d’Afrique ont pu être musulmans en majorité et chrétiens, l’Europe a changé de façon extrême et change encore.  Nous assistons à ce changement et il va falloir le gérer pour garder notre identité.  On avait converti beaucoup de peuples au christianisme : catholicisme et protestantisme. Donc la notion de laïcité devra être développée dans le respect des religions de chacun ou de l’absence de croyance (athéisme)  pour montrer qu’elle doit permettre de faire vivre ensemble des gens de différentes religions ou sans religion et qu’il ne faut surtout pas faire dominer une religion par rapport à une autre dans la sphère publique de notre vie.  Cependant il n’est pas question de perdre une religion le christianisme qui est le ciment de notre culture européenne et qui est la composante de toute notre littérature française . Il faut savoir équilibrer notre vie et donner aux hommes et femmes de France tous les possibles afin de permettre l’épanouissement de ceux-ci et de celles-ci et faire en sorte qu’aucune religion ne  suscite la violence . Une morale laïque devra être bien comprise et définie.  

Relisons le Cid à cette lumière de cette réflexion. 

Ecoutons la video sur facebook du site astuces de prof dite par notre très grand Gérard Philipe. 

Avec des textes comme le Cid : à la fin vous avez le retour du Cid qui a lutté contre les Maures profitez de rappeler l’histoire de façon vraie et nette.

De venger son père n’existe plus guère. La tragédie ne se fera plus sur ses sujets. On pourrait analyser les sujets qui ont forgé les tragédies (d’après l’antiquité et les guerres) si vous êtes dans la séquence du Théâtre au 17 ème siècle. La tragédie il faudra la définir et  établir des listes, faire des recherches en groupe sur le genre et le mot.  Ce sera très intéressant. Vous canaliserez, vous orienterez de façon objective leurs réponses.  Mais cet exercice  leur plaira en ne dépassant pas. Il   faut avoir du tact. Mais la littérature pourra les rendre observateurs et tolérants.

Le Cid

Dans l’acte 1 sc 6

Don Rodrigue va devoir venger son père de l’humiliation porté par le père de Chimène à son égard.

 Rappelons ce que dit Don Diègue  : 

Acte 1 sc 5

Ne réplique point, je connais ton amour ;

Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour.

Plus l’offenseur est cher, et plus grande est l’offense,

Enfin tu sais l’affront, et tu tiens la vengeance :

Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi ;

Montre-toi digne fils d’un père tel que moi.

Accablé des malheurs où le destin me range,

Je vais les déplorer : va, cours, vole, et nous venge.

A l’acte 1, sc. 6 ,  Don Rodrigue va déclamer ses fameuses stances du Cid. 

Je vous conseille de faire apprendre par cœur la 2 ème stance à défaut de regrouper les stances selon la mémoire de vos élèves. Certains ont des facilités, d’autres moins. Faites apprendre en fonction de leurs capacités. C’est un conseil pour ne pas angoisser vos élèves. Il faut que le cours de théâtre soit un plaisir. Chacun son rythme. (vous notez les  très doués).

 Mais qu’ils sachent au moins une ou 2 stances : nous apprenions les 4 stances sur plusieurs cours . Sachez évaluer les apprentissages par cœur de vos élèves… mais faites travailler avec le ton, le rythme ces stances au moins à la lecture. Quand on sait par cœur, on peut interpréter, se laisser à la fougue, au doute, au lyrisme, à la grandeur, à la misère… que vos élèves s’éclatent en disant ces vers d’un autre âge ! et là vous relevez les mots qui reviennent : « infâme », digne fils, malheurs…. Et vous commencez ainsi l’analyse de texte qui se fera très bien au cours. Vos élèves peuvent alors noter les mots qui surgissent et préparer ainsi leur analyse de texte ou leur commentaire. L’analyse du texte se fera sur un passage de votre choix de 20 vers qui pourra servir à l’oral du bac de français.

La versification. Sachons compter les vers et connaître le nom de ces types de vers.

Vous prenez un peu de temps sur plusieurs séances : ils s’amuseront et sauront faire des vers. Apprenez leur à faire eux-mêmes des poèmes qui riment et qui ont une versification dite classique (voir les traités de versifications)  ainsi qu’à produire  des poèmes en prose ou en vers libres. 

Revenons à la versification dite classique.

Comptons ensemble les syllabes (pieds), sachons faire remarquer les élisions de deux voyelles proches , les e muets, les liaisons à bien faire (alors que nous les omettons le plus souvent ) , comptons sur nos doigts . Une syllabe par doigt. Vous faites cet exercice ensemble. Il  fonctionne très bien.

Chaque stance est composée de 10 vers : l’un octosyllabe, 4 alexandrins, 1 de 6 pieds, 1 décasyllabe, 1 de 6 pieds, 2 de 10 pieds ou décasyllabes. 

On appelle pieds ou syllabes le son qui compte 1 que l’on additionne aux suivants. Lorsque 2 voyelles se suivent à la fin d’un mot et au début d’un autre mot,  on peut en « avaler » une, On peut au contraire faire compter un pied (ou syllabe) de plus lorsque vous voyez qu’il y a tel mètre on comptera un pied de plus s’il en manque un. 

Per/cé/ jus/ques/ au/ fond/ du /cœur /(8 pieds octosyllabes)

D’une/ at/tein/te im/pré/vue/ aus/si/ bien /que /mor/telle (12 pieds alexandrins)

on comptera sur ses doigts comme si on jouait du piano! pour avoir chaque syllabe et comprendre les élisions, les E  muets (on note avec une virgule)

e muet élision e i ( 2 voyelles : une est « avalée » : le e est avalé) :

e muet à la fin de  mortelle ( « le » ne compte pas on laisse l en suspens ).

 

Les rimes suivent 3 types de schéma possible :

Quant aux rimes les 4 premiers vers des stances,

elles suivent le schéma abba : rimes embrassées,

puis les 2 suivantes sont des rimes suivies sur le schéma aa bb

 puis les 4 dernières : les rimes alternées ou croisées sur le schéma abab.

Ces lettres « a « correspondant à une rime que l’on retrouve toujours en » a « et de même pour « b » qui correspond à un autre type de rime à chaque fois finissant par le même son. On peut créer une autre rime de type « c » qui rimerait différemment.  Il existait dans les écoles aux siècles passés où on faisait beaucoup de poèmes des traités de versification. Il en  existe toujours. Il s’agit de poèmes à formes fixes que nous définirons dans une autre astuce ou que vous pourrez nous mentionner. Vous devez bien connaître ces règles afin de les transmettre de façon naturelle à vos élèves. Vous y reporter régulièrement et les revoir  dans vos manuels scolaires en livres ou sous forme numérique. 

Voici à apprendre les fameuses Stances du Cid de Corneille.

 

Percé jusques au fond du coeur (8)

D’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,(12) 

Misérable vengeur d’une juste querelle, (12)

Et malheureux objet d’une injuste rigueur,(12)

Je demeure immobile, et mon âme abattue (12)

Cède au coup qui me tue.(6 vers de 6 pieds )

Si près de voir mon feu récompensé,(10 décasyllabes)

O Dieu, l’étrange peine ! (6) (e muet )

En cet affront mon père est l’offensé,(10)

Et l’offenseur le père de Chimène ! (10)

 

Que je sens de rudes combats !

Contre mon propre honneur mon amour s’intéresse :

Il faut venger un père, et perdre une maîtresse :

L’un m’anime le cœur, l’autre retient mon bras.

Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,

Ou de vivre en infâme,

Des deux côtés mon mal est infini.

O Dieu, l’étrange peine !

Faut-il laisser un affront impuni ?

Faut-il punir le père de Chimène ?

 

Père, maîtresse, honneur, amour,

Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,

Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.

L’un me rend malheureux, l’autre indigne du jour.

Cher et cruel espoir d’une âme généreuse,

Mais ensemble amoureuse,

Digne ennemi de mon plus grand bonheur,

Fer qui causes ma peine,

M’es tu donné pour venger mon honneur ?

M’es-tu donné pour perdre ma Chimène ?

 

Il vaut mieux courir au trépas.

Je dois à ma maîtresse aussi bien qu’à mon père :

J’attire en me vengeant sa haine et sa colère ;

J’attire ses mépris en ne me vengeant pas ;

A mon plus doux espoir l’un me rend infidèle,

Et l’autre indigne d’elle.

Mon mal augmente à le vouloir guérir ;

Tout redouble ma peine.

 

Mourir sans tirer ma raison !

Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !

Endurer que L’Espagne impute à ma mémoire

D’avoir mal soutenu l’honneur de ma maison !

Respecter un amour dont mon âme égarée

Voit la perte assurée !

N’écoutons plus ce penser suborneur,

Qui ne sert qu’à ma peine.

Allons, mon bras, sauvons du moins l’honneur,

Puisqu’après tout il faut perdre Chimène.

 

Oui, mon esprit s’était déçu.

Je dois tout à mon père avant qu’à ma maîtresse.

Que je meure au combat, ou meure de tristesse,

Je rendrai mon sang pur comme je l’ai reçu.

Je m’accuse déjà de trop de négligence :

Courons à la vengeance ;

Et tout honteux d’avoir tant balancé,

Ne soyons plus en peine,

Puisqu’aujourd’hui mon père est l’offensé,

Si l’offenseur est père de Chimène.

 

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