Les Figures de style

Préalable  à mon étude sur les figures de style.

En français, il y a des mots qui peuvent avoir plusieurs sens suivant leurs utilisations.

On dit qu’un mot  est polysémique.

Un mot a ainsi un sens concret et un sens figuré .

la discipline qui consiste à connaître les sens du mot s’appelle la sémantique : le mot ayant plusieurs sèmes.

C’est pourquoi il faut souvent compulser le dictionnaire et « interpréter » les sens dans une étude : analyse ou commentaire de texte.

Ce cours sur les figures de style permet de comprendre qu’on peut « interpréter » un texte selon les périodes de notre vie différemment. En même temps il faut être le plus objectif et impartial possible pour donner les ou la possibilité de sens et pouvoir ainsi vraiment communiquer et partager nos idées . Ce sont les oppositions de langage, les manques de langage  qui créent la guerre c’est pourquoi tous les peuples dits civilisés demandent l’accès à l’école pour chaque enfant puisque notre but c’est de rendre un enfant adulte, responsable, heureux dans sa vie et celle des autres.

L’étude de la Littérature n’est pas figée et demande de la réflexion tout au cours de notre scolarité et de notre vie adulte. Ainsi vous ouvrez des possibilités de lire toute la vie de l’élève. Vous aurez intéressé l’élève à son cours… de Français. Et c’est essentiel pour la direction de vos cours.

D’où notre travail dans les analyses de textes ?

Mais alors comment savoir si nous avons raison ?

Certes, il faut envisager un certain nombre de sens d’où notre travail d’écoute des sens possibles. Cette prise de conscience de multiplicité des sens consiste dans la démarche suivante : 

Il faut donc savoir quel est le sens du mot dans tel cas de figure.

Il faut donc bien les utiliser et en comprendre le ou les  sens.

A chaque figure de style que je vous propose, vous trouverez les exemples dans vos études de texte de façon personnelle. Ainsi votre travail sera enrichi et plaisant à constituer. Je vous les nomme par ordre de fréquence. 

Votre cours ou vos moments de cours nommeront les figures de style et permettront aux élèves de les introduire grâce à des phrases données par vous et qu’ils amélioreront.  

1. Les figures de style : leurs noms, des exemples qu’ils trouveront aussi.

2. Des phrases d’introduction pour les annoncer dans les explications de textes écrites.

Vous utiliserez pour créer votre cours selon vos niveaux de classe cet ouvrage. Vous aurez aussi vos manuels scolaires suffisant pour expliquer ces figures de style et bien les nommer : elles ont des noms qui amuseront vos élèves et qui leur permettront d’impressionner leurs parents et amis.  

Ch IV : les détournements de sens

Dans  l’introduction à l’analyse Stylistique

Par Catherine Fromilhague et Anne Sancier.

Chez Dunod 1991.

A partir des textes à lire ou à apprendre voici de façon pratique et amusante les façons dont vous analysez les figures de style. Utilisez sur  le site  un de mes liens coup de coeur : études-litteraires.com et apprenez par coeur régulièrement un exemple et le nom de sa figure de style et trouvez  un  exemple à vous. Faites vous de petites fiches et placez les figures de style dans votre conversation. « Tu n’es pas bête » : c’est une litote ! signifie  » tu es intelligent »  et dans les mots croisés on donne souvent les définitions pour le nom de figure de style  du genre » anaphore », « périphrase ».  Vous aurez des phrases pour  introduire les figures de style dans vos devoirs.

Des noms des figures de style

La gradation

L’action est mise en valeur par l’accumulation des verbes de mouvement.

Dans la fable de la Fontaine : Perrette et le pot au lait .

Tous les enfants connaissent la précipitation de Perrette et l’extrême vivacité des verbes utilisée par La Fontaine…. vous leur ferez recopier et apprendre. Vous ferez faire un petit paragraphe écrit utilisant la gradation.

Ou alors vous prenez la phrase par la fin en commençant par :  » le fabuliste  sait décrire à merveille une scène et voilà comment des verbes nous présentent la figure de Perrette cassant tout « … et on cite le vers… et on se souviendra de la gradation avec la succession des noms qui représentent sa fortune étalée, disparue dans sa chute : 

v. 23 Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée.

On remarquera les 2 sons en « v » et les 2 sons en « co » avec cette gradation descendante ou décroissante par rapport à la taille de l’animal  : la 2 ème étant grande : la vache et la dernière toute petite et fragile : la couvée d’oiseaux.  veau : le petit, et la couvée en fin de vers , objet d’espérance avec la croissance de l’animal . Vous apprenez à développer dans le détail l’importance de chaque mot. On fera s’exercer l’élève à ces développements d’images stylistiques.

Autre exemple de gradation : tirade du nez dans Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand que je vous conseille de voir et de lire un peu .

« C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap !…

Que dis-je, c’est un cap ?… c’est une péninsule ! « 

L’anaphore : « Rome » dans Horace va être reprise 4 fois en tête des 4 premiers vers et Camille accuse Rome

Se rapporter au texte d’Horace : Camille qui aurait dû se contrôler, et féliciter son frère d’avoir purifié Rome, l’accuse de la mort de son amant (au sens de fiancé) et dans son extrême colère et tristesse, elle utilise avec violence le nom de la ville qui roule son R par 4 fois : Rome, Rome, Rome, Rome.

L’anaphore : Elle est utilisée dans les discours. Nous nous souvenons de 

« Et moi Président… disait le président François  Hollande « afin de se faire élire.

Il donnait tous les points de son programme politique de futur Président de la République française.

L’utilisation des adjectifs pour caractériser une Ville est aussi frappante dans le poème de Musset .

Dans Venise la Rouge…

Autre aspect d’explication stylistique : le bruit…

Il faut bien distinguer les consonnes des voyelles. Il faudra distinguer les allitérations et les assonances dans la musicalité des poésies ou des poèmes plus ou moins classiques.

les allitérations… révèlent les consonnes qui font des bruits : les sifflements du s répétés, tels des « serpents ». dans Racine , les sons en « ou » dans Venise la Rouge de Musset ou les roulements des R dans Horace : Rome… par Camille.

Ou les assonnances : les répétitions de voyelles.

 La litote

Va je ne te hais point dans le Cid par Chimène.

Veut dire je t’aime … à Rodrigue qui vient de tuer Don Gormas : Père de Chimère.

On dit apparemment l’inverse de ce qu’on voudrait dire.

Il n’est pas grand signifie … il est petit.

Il n’est pas mince : il est gros.

Avec la litote vous vous permettez de ne pas « blesser » la personne. C’est bien. Eviter de faire de la peine est une bonne attitude.

Le parallélisme 

certains titres de romans sont des parallélismes :

ex : Vent d’Est, Vent d’Ouest

La périphrase : on utilise plus de mot qu’il ne faut pour parler d’une ville

ex : La Venise du Nord : pour Amsterdam qui a des canaux comme Venise elle située au sud de l’Europe, au nord de L’Italie.

La Ville-Lumière  : pour Paris  toujours très illuminée.

l’antithèse : un autre titre de roman est une antithèse  : 2 notions qui s’opposent.

L’Etre et le Néant  de Jean Paul Saurtre.

La comparaison : avec l’adverbe comme ou avec un outil de comparaison pareil à, semblable à

Vous apprenez la définition ci-dessus : vous soulignez le mot grammatical et vous expliquez sans faire de contresens.

de Baudelaire dans Correspondances :

«  Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants ».

ou encore

« le rêve de l’homme est semblable

aux illusions de la mer « . de Toulet 

ou encore  de Musset :

C’était, dans la nuit brune

Sur le clocher jauni

la lune

Comme un point sur un i  

la lune le comparé

le i le comparant

l’outil de comparaison comme

vous expliquez…

La métaphore : image sans outil de comparaison grammaticale.

toujours du Musset

Etoile qui descends sur la verte colline

Triste larme d’argent du manteau de la nuit

pas d’outil de comparaison : la larme d’argent : comme une triste larme d’argent le contient implicitement. L’Etoile est personnifiée. Elle a une majuscule.

La métonymie : on utilise la partie pour le tout, l’abstrait vers le concret

Votre professeur vous dira  : Prenez votre Lagarde et Michard  : les noms des auteurs du livre représentent ce  » livre d’histoire littéraire  » très prisé pendant des générations et qu’on réédite.

 ex : Le dernier Françoise Sagan est intéressant mais triste  : pour expliquer qu’il s’agit du dernier roman de cette femme auteur très célèbre à son époque à la fin du 20 ème siècle. Elle a écrit  » Bonjour Tristesse ».

on pourrait dire le dernier Goncourt… (prix Goncourt) : métonymie.

La synecdoque : on utilise le tout pour la partie, le concret pour aller vers l’abstrait .

« Les cuivres et les bois se déchaînèrent » pour parler des instruments d’un orchestre au moment de l’audition d’un morceau de musique. (on prend le concret  : ici les instruments pour l’abstrait : la musique donnée par l’orchestre.

autre exemple de synecdoque :

extrait de Ruy Blas :

Je le dis, vous pouvez vous confier , madame, 

A mon bras comme reine, à  mon coeur comme femme « .  Victor Hugo 

on parle d’un élément concret pour parler d’une idée abstraite : mon bras correspond à la vaillance, au courage, le coeur correspondra à l’amour que la personne qui dit ces mots porte à la personne aimée.

expliquez ces images et nommez à quelle classe sociale elles correspondent :

ce sont des synecdoques : un symbole pour un métier

l’épée :  la noblesse

le goupillon : le clergé, l’église

le barreau :  la magistrature

Les synesthésies : associations de sensations multiples différentes appartenant soit à la vue, soit à l’ouïe, soit au toucher… en même temps.

Chez Baudelaire : le poème Correspondances est un exemple.

La personnification : un nom propre : une personne représente un symbole.

La Beauté avec un grand B majuscule.

L’antiphrase montre une opposition, une contradiction, un contraste.

Elle est souvent ironique

ex : C’est du joli !

ex : c’est une soirée vraiment réussie! (alors qu’elle ne l’est pas du tout réussie) ironique.

Le chiasme est la façon dont on croise des mots se répétant à certaines places. 

Sur 2 vers : croisement du 1 er mot qui se répète au 2 ème vers en bout de ligne.

Le mot de la fin du vers aussi avec le mot du début du vers d’après.

L’hyperbole : souvent présente : c’est une exagération. L’auteur exagère. Il augmente le sens d’un mot pour exprimer son idée avec colère, violence, dénonciation.

ex : un vent à décorner les boeufs.

explication à fournir : les cornes des boeufs étant réputées à être solides, si le vent les décorne c’est que celui-ci est extrêmement fort. Pesez bien vos mots.

 ex : je suis mort de fatigue 

L’oxymore : réunion de 2 mots d’habitude pas utilisés ainsi et opposés dans leur sens.

Le soleil noir : je suis le veuf l’inconsolé Verlaine.

La terre est bleue comme une orange… Eluard

Mon mal est délicieux 

« L’homme fort et blond au type allemand était un foudre d’indécision » Belleto

 Comment expliquer : un foudre  suppose une quantité. Or cela annule l’indécision : manque de décision) il y a là une opposition totale entre les 2 termes. Donc,  cet homme puissant n’avait pas un physique qui correspondait à un caractère faible et pas du tout autoritaire. Il y a donc une contradiction chez cet homme.

La métaphore : image au sens général qui est une comparaison.

Les poèmes sont emplies de métaphores

Les essais philosophiques aussi avec l’Antiquité  et les personnifications qu’elle utilise. La personnification commence toujours par une majuscule

ex de personnification :

de Zola : la cathédrale explique tout a tout enfanté et conserve tout. 

( Elle est la mère, la reine, énorme au milieu du petit tas des maisons basses, pareilles à une couvée abritée frileusement sous ses ailes de pierre.)

Cet article pourra être complété par vous. Je recopierai votre réponse  en fonction des manques à cet article  . Je ne vous en donne ici qu’un schéma à parfaire ensemble avec la classe. 

 Retrouvez les titres de mes 177 astuces dans les pages  en notant sur rechercher sur le site :  titres de mes astuces de la p. 1 à 15 les dernières  parues. 

Taper le mot « notation »  sur rechercher sur mon site et  « écrit » ou  » oral  » aussi si vous avez besoin de critères précis ou cliquez sur les astuces utiles. Vous aurez des réponses avec les articles ayant ces mots-clés. Vous cliquez dans le titre et retenez d’autres titres au besoin à lire aussi.

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La notation : le barème ( version 1)

 Voici les étapes de la notation des copies avec le barème uniquement.

Vous lirez dans « Astuces Utiles » l’article  sur

 le temps de la correction rédigée de façon  plus approfondie.

Vous aurez compris qu‘il faut donner une notation juste et justifiée et que vous devez considérer le travail de correcteur de façon très rigoureuse et pas à la va-vite. Vous laisserez au crayon la note jusqu’à la relecture finale de certaines copies.

Le relevé des notes doit être préparé en pensant au Conseil de Classe.

Vous émettez des jugements de valeur sur les élèves précisément. 

Faites le relevé des notes sur votre ordinateur.

Faites vos moyennes de classe sur un logiciel Excel .

 

Le barème de notation sur 20 en première que je vous propose peut vous aider en attendant d’avoir crée votre système de notation. Il  s’applique  spécifiquement   à   des copies de devoir de français de lycéens de seconde et  de première cycle long .  Vous pouvez l’adapter à d’autres sections et à d’autres niveaux en concertation.

 En seconde, on sera plus indulgent et on fera des exercices progressifs et partiels évalués comme tels. Puis les devoirs définitifs entreront dans la moyenne et seront notés comme on pourra vous le demander.

Vous déciderez si chaque partie du devoir vaut plus que la moyenne ou moins puis vous additionnez les 3 notes et la notez au crayon. Voyez l’article entier pour plus de compréhension.

Sur 4 : l’introduction

Sur 12 : le développement   sur 6 pour 2 parties, sur 4 pour 3 parties

Sur 4 : la conclusion 

A l’examen du bac de français des consignes seront données au correcteur .

Cette année en 2021, il n’y aura pas pour la seconde année d’examen au niveau national : on l’a appris. (janvier 2021)  seules quelques épreuves peuvent prétendre à  un Oral.

Les copies sont anonymes, le nom du candidat et les informations  étant repliés .

 

Pour être un bon correcteur il faut avoir une certaine culture

le site : www.babelio.com contient des titres et des résumés  de  livres contemporains du 20ème et 21 ème siècle ainsi que des classiques qui peuvent vous aider lors vos corrections. 

Vous pouvez cliquer sur mon lien coup de coeur alalettre.com  sur mon site astucesdeprof.com

Vous pouvez tirer parti des sujets pour mettre de côté des titres de livres lus par les élèves qu’ils citent! Ainsi vous augmentez vos connaissances. Je vous dis que la progression d’un professeur vient souvent de l’échange de connaissances entre lui  et ses élèves ou leurs parents à qui ils parlent pour faire un devoir ! . C’est un bon moyen de communiquer entre nous tous et vous établissez et complétez  alors des lexiques avec les titres d’oeuvres et les noms des auteurs et leurs siècles.

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Le marivaudage : le jeu de l’amour et du hasard.

Pour connaître l’objectif de mon site astucesdeprof.com commencez par  lire   » A propos « 

et surtout « Mode d’emploi » 

De l’Amour et du marivaudage.

Substantif venant de l’auteur Marivaux (1688-1763).

Le marivaudage est un comportement, une manière d’être ou de faire amoureuse, légère. Il consiste à porter un masque en se mettant à une autre place en jouant un rôle, en voulant rendre léger l’acte grave d’aimer. Savoir dire de jolis mots et de jolis compliments permet aussi de marivauder.

Faire sa cour : on  prendra une autre place pour s’assurer que l’on vous aime pour vous et non pas pour ce que vous représentez dans votre classe sociale.

 On prendra alors la place du valet alors qu’on est le maître.

On prendra la place de la domestique alors qu’on est la maîtresse.

Mais si les deux futurs promis se déguisent que peut-il se passer ?

Le double imbroglio va se produire dans la pièce qui suit de Marivaux :  Le jeu de l’amour et du hasard . Il permet un dénouement heureux.

le marivaudage
le marivaudage

 

Chacun des deux promis Dorante et Silvia veut vérifier s’il correspond bien à l’image idéale d’un mari et d’une femme. N’ont-ils pas un autre visage dans la vie de tous les jours?  On voit que Silvia a vu que  dans  bien des cas réels le mari s’affirmait comme quelqu’un de fort désagréable dans la vie de tous les jours alors qu’en dehors  du foyer il revêtait un caractère des plus charmants. 

Silvia est vraiment consciente des conséquences du mariage à son siècle.  Il lui est égal de rester fille si ce n’est pas pour être avec un homme qu’elle aime qui serait d’un commerce agréable. Tout est donc dans le bon caractère de chacun dans le mariage.

On s’aperçoit que certains ne sont vraiment  pas faits pour le mariage . Certes, il n’y a que  bien peu de cas qui réussissent  et ce n’est pas si stupide que de s’observer avant de se marier car on peut être très malheureux à deux. Alors mieux vaut rester seul célibataire. Déjà à cette époque. Le sujet est éternel que de bien se trouver.

Que recherche Silvia  en un mari ? là son père M. Orgon ainsi que son frère Mario veulent aussi qu’elle soit heureuse   : je trouve  plutôt l ‘idée bonne car on obligeait trop souvent une jeune fille à se marier contre son gré.

Acte 1 sc 1

Sylvia fait un descriptif de plusieurs situations d’hommes mariés.

Le fantasque et voilà l’emporté.

SilviaOui, Tersandre ! il venait l’autre jour de s’emporter contre sa femme ; j’arrive, on m’annonce, je vois un homme qui vient à moi les bras ouverts, d’un air serein, dégagé, vous auriez dit qu’il sortait de la conversation la plus badine ; sa bouche et ses yeux riaient encore ; Le fourbe ! Voilà ce que c’est que les hommes. Qui est-ce qui croit que sa femme est à plaindre avec lui ? je la trouvai toute abattue, le teint plombé, avec des yeux qui venaient de pleurer, je la trouvai comme je serai peut-être , voilà mon portrait à venir ; je vais du moins risquer d’en être une copie. Elle me fit pitié ? Lisette ; si j’allais te faire pitié aussi ; Cela est terrible, qu’en dis-tu ? Songe à ce que c’est qu’un mari.

Lisette.- Un mari ? c’est un mari ; vous ne deviez pas finir par ce mot-là , il me raccommode avec tout le reste.

sur les maris : lire le livre de Françoise Dorin : un mari c’est un mari. 

Voir le livre sur le théâtre de Jean Piat ( mari de la précédente justement  couple aimant et célèbre s’il en est  ! ) intitulé  : « et …vous jouez  encore ?« 

Les pères veulent donc que leurs enfants se connaissent avant de s’engager : très bonne idée moderne. M.Orgon est un père compréhensif ce qui est rare. 

Dorante va revêtir la livrée de domestique et dans le même temps Silvia celle de domestique. Les couples sont respectés mais on ne sait plus leur condition sociale.

Acte 2 sc 7.

Dorante. Quelle espèce de suivante es-tu donc avec ton air de princesse ?

Acte 2 sc 12

Dorante. – Je voulais sous cet habit pénétrer un peu ce que c’était que ta maîtresse avant de l’épouser. Je hais la maîtresse dont je devrais être l’époux et j’aime la suivante qui ne devait trouver en moi qu’un nouveau maître . Que faut-il que je fasse à présent ? Je rougis pour elle de le dire, mais ta maîtresse a si peu de goût qu’elle est éprise de mon valet au point qu’elle l’épouserait si on la laisse faire. Quel parti prendre?

Sylvia ,– à part . – Cachons-lui qui je suis… (Haut) Votre situation est neuve assurément ! Mais, Monsieur, je vous fais d’abord mes excuses de tout ce que mes discours ont pu avoir d’irrégulier dans nos entretiens.

Dorante .  Au point de renoncer à tout engagement, puisqu’il ne m’est pas permis d’unir mon sort au tien ; et dans cet état, la seule douceur que je pouvais goûter, c’était de croire que tu ne me haïssais pas.

SylviaUn cœur qui m’a choisie dans la condition où je suis, est assurément bien digne qu’on l’accepte, et je le payerais volontiers du mien, si je ne craignais pas de le jeter dans un engagement qui lui ferait tort.

DoranteN’as tu pas assez de charmes, Lisette ? y ajoutes-tu encore la noblesse avec laquelle tu me parles ?

Pendant la pièce, nous nous amuserons avec le couple de domestiques Lisette et Arlequin devenus les maîtres. Nous retrouvons chez Marivaux ces dialogues de gens simples qui veulent jouer aux maîtres dans la jolie pièce de l’auteur :  » L’île des esclaves ». Je vous conseille de la voir en video ou de la lire. Elle est intéressante au plus haut point. Là, dans » le jeu de l’amour et du hasard », ils essaient de se  bien parler ou de bien se tenir avec réserve mais rien ne convient. Ils forcent le trait,  et ils ont  bien du mal à parvenir à être distingués.   Le comique est donc tiré de là, de ces exagérations, de ces attitudes reproduites peu naturelles.  Voici l’acte 2 scène 3 qui est très amusant à jouer. Faites jouer vos élèves. 

Et les maîtres Sylvia et Dorante   pendant ce temps sont plutôt distingués et ne parviennent pas à se tutoyer.

Chacun reste donc dans sa classe sociale même si on joue. A la fin, il faut que les classes sociales redeviennent celles qui conviennent et chacun reprend son rang puisqu’il y a double subterfuge. Tout finit bien…

 On n’en est pas encore aux mariages princiers avec des roturiers ou des roturières permis au 20 ème siècle dans les cours des royaumes du Nord et d’Espagne : on aura mis 2 siècles depuis Marivaux et 3 siècles depuis Molière pour être enfin libre de s’épouser en  dehors de son milieu . Des amoureux ont pu être ainsi très malheureux et peuvent l’être encore dans certains pays . Mais nos auteurs du 17 ème et 18 ème siècle essaient toujours de faire gagner l’Amour. 

Avec Marivaux , nous sommes  avant la Révolution française. Il faut donc connaître son Histoire pour comprendre les coutumes, les mœurs comme nous disons .

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